Conférences-débats sur les savoirs d’expérience
- Les savoirs de connivence. Avec François Jullien, professeur à l’université Paris 7, nous aborderons la question des savoirs intimes qui ne parviennent pas à se mettre en mots, qui s’inscrivent dans nos corps, nos manières de faire et nos habitudes, et qui constituent la base de ce que l’on appelle l’expérience professionnelle ou l’habilité tout simplement.
- La culture professionnelle. Très souvent, dans nos contributions, nos exposés ou écrits, nous avons mis l’accent sur l’importance de la culture professionnelle (partagée) qui est au fondement, à la base même de tout développement de la professionnalité. Mais de quoi est faite cette culture professionnelle ? Quelle est la part de savoirs conventionnels, de savoirs d’expérience ? C’est l’occasion de revisiter cette notion, ce noyau de concepts et de voir la place qu’occupe dans la construction de cette notion l’idée de savoirs d’expérience.
- La bataille des savoirs d’expérience. Il y a près de trente ans, un ouvrage intitulé La bataille de la compétence (Yves Cannac et la Cegos, éditions Hommes et Techniques, 1985) marquait de son empreinte les débats qui étaient les nôtres autour de la notion de compétence. Nous pensons aujourd’hui que cette bataille n’est certes pas achevée, pas plus que la bataille de l’accès aux savoirs fondamentaux via les formes de la promotion sociale directe ou indirecte, mais que s’ouvre un nouveau front qui est celui des savoirs d’expérience. Celui-ci n’est pas uniquement la bonne et la juste identification de la reconnaissance de cette expérience, en l’inscrivant par exemple pour sa juste part dans la validation des acquis d’expérience, l’accès aux diplômes en quelque sorte. Non, il y a plus que ça. La bataille des savoirs d’expérience qui s’engage aujourd’hui est à la fois une bataille épistémologique sur le statut de ces savoirs, le poids qui est le leur lorsqu’on les compare aux savoirs conventionnels, mais également la bataille de leur valeur économique et/ou de leur rémunération. Ces thématiques, comme on peut le comprendre sans démonstration, sont extrêmement importantes.
- Communauté d’expérience et communauté d’interprétation. Partager des expériences professionnelles n’est pas un objectif en soi même si on trouve ici et là des volontés organisationnelles qui proposent de rassembler et de partager des savoirs d’expérience. L’important est que ceux qui rentrent dans cette dynamique, en la choisissant ou en ne la choisissant pas tout simplement parce qu’ils sont emportés par un mouvement spécifique de l’histoire, se trouvent dans la capacité d’utiliser l’ensemble des savoirs d’expérience partagés pour mieux interpréter les gestes professionnels qu’ils ont à piloter. Nous nous trouvons là face à une question d’importance : que signifie interpréter ? Est-ce qu’il s’agit d’interpréter au sens où un musicien interprète un morceau ou d’interpréter au sens d’interprétant, c’est-à-dire de donner du sens, d’être en capacité de donner des inférences à partir des savoirs accumulés. Le débat est d’importance.
- Les savoirs interprétatifs et connaissances informationnelles. Toutes les contributions que nous avons rassemblées ici pour aborder la question des savoirs d’expérience au sens générique du terme posent toutes directement ou indirectement des questions épistémologiques lourdes. Quel est le nouveau modèle de la connaissance qui est en train de prendre forme avec le développement, plus précisément la prise en compte des savoirs d’expérience ? Quelle est la part des connaissances informationnelles, des savoirs interprétatifs ? Certains sont surdéveloppés, à savoir les connaissances informationnelles, alors que les autres, les savoirs interprétatifs, sont quelque peu soit en régression, soit en amaigrissement.
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